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Sports urbains. Les jeunes se sentent oubliés

Loudéac investit beaucoup pour les sportifs. Mais pas pour les sports urbains, qui ont leurs adeptes, malgré l’absence d’une fédération. S’ils ne demandent pas un équipement spécifique, ils souhaitent une cure de jouvence du skatepark.

En circulant sur la rocade, on peut apercevoir quelques jeunes qui s’entraînent sur le skate-park des Priteaux en effectuant des figures en vélo BMX, rollers, skateboard ou patinette.

Pas de possibilité de club

Or, les sports urbains ne se pratiquent pas en club. «Il n’existepasde fédération spécifique(*). Le projet de la Ligue française des sports urbains est en phase de préfigurationdepuis 2009», explique l’un d’eux, Pierre-André. Pourtant, à Loudéac, ils sont plus d’une trentaine d’inconditionnels, âgés de 10 à 25 ans, sans compter les jeunes de passage, qui, avec leurs engins à roues, s’exercent à effectuer des frontsides, jumps, sliders, saltos et autres tricks.

Pas des délinquants!

«En ville, nous utilisons le mobilier urbain comme spot (lieu de pratique des activités de glisse). Les marches, bancs, murets ou barres sont choisis en fonction de leurs dimensions et de leur hauteur, précise Nicolas. La place de l’église est assez bien adaptée aux débutants, mais les passants ont du mal à nous accepter. Ils pensent que nous sommes des délinquants, alors que nous animons l’espace public.» Cette cohabitation semble également difficile lors des déplacements des skaters et patineurs qui, selon le code de la route, sont assimilés à des piétons et doivent, par conséquent, circuler sur les trottoirs.

Un skatepark à rénover

Pour s’entraîner, les riders se retrouvent donc, le plus souvent, au skatepark des Priteaux qui leur est réservé. Pourtant, cet équipement commence à vieillir et présente plusieurs éléments désolidarisés et des arêtes métalliques irrégulières, susceptibles de provoquer des accidents et des blessures. Les adolescents font état des plaques disjointes à refixer, tout en rêvant au renouvellement des modules et à la création de rampes en béton. «Nous aurions aussi besoin de petits aménagements, comme un robinet de puisage d’eau potable pour remplir les gourdes. Il serait d’ailleurs utile aux autres utilisateurs de cette aire de loisirs, assure Nicolas. Il faudrait aussi un banc ou deux, pour s’asseoir!»

Des équipements ailleurs

En attendant, les aficionados loudéaciens lorgnent sur ce qui se fait ailleurs. «Les riders pontivyens disposent d’un petit skatepark et de modules qu’ils peuvent déplacer dans une salle de sports mise à leur disposition lorsqu’il pleut.» Et à Saint-Brieuc, un nouvel équipement est en construction. Il comprendra notamment un bol et un street-park. «C’est une aire d’évolution qui reprend des éléments de la rue», précise Pierre-André, impatient d’aller user roues et genoux sur cet aménagement du parc des Promenades.

* Une commission skateboard existe au sein de la Fédération française de roller sports.
 

Source :  Le Télégramme
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