A Toulouse, les ravers veulent être responsables

Un mort à Rouen, deux viols à Belfort : les incidents se sont multipliés ce week-end dans les raves. Quinze associations ont entamé le dialogue avec les pouvoirs publics et les collectivités locales.

A Toulouse, les organisateurs se veulent au contraire responsables. Après les débordements de la manifestation du 24 mai, un collectif s’est créé. Il a rédigé une charte de bonne conduite en matière de sécurité, de respect de l’environnement et de lutte contre la drogue.

 

«Nous sommes choqués par l’incicent mortel survenu à Rouen. Le temps est venu de dire « Stop » aux négligences commises par des pseudos organisateurs inconscients, qui portent atteinte à l’image du mouvement techno. Nous devons apporter un soutien concret aux organisateurs qui respectent les règles élémentaires à l’organisation de toutes manifestations recevant du public » estime le Toulousain Fabrice Bach, président de la Fédération nationale des cultures urbaines (FNCU).

Drogue, respect de l’environnement, sécurité: à Toulouse, les ravers veulent être responsables. Depuis les débordements de la manifestation du 24 mai, qui avait pour but de protester contre l’amendement Mariani, un collectif s’est constitué à Toulouse. Composé de 15 sons différents (1), il veut entamer un dialogue avec les pouvoirs publics ainsi qu’une réflexion critique sur ce qu’ils considèrent un mouvement culturel.

Le collectif L. 95-73 s’est attelé à la rédaction d’une charte qui « définirait les lignes d’actions objectives à adopter par les organisateurs et organisatrices lors des rassemblements techno et qui servirait de base de dialogue et de médiation entres ces derniers et les autorités publiques ».

Même s’il se dit satisfait de la marche-arrière du gouvernement, Pascal, membre du collectif toulousain ne peut s’empêcher d’y voir « une manoeuvre politique ». « On nous propose d’élaborer une charte des bonnes pratiques mais la charte, ça fait longtemps que les organisateurs de teufs ont commencé à la rédiger ».

CLIVAGE

Relayés à Paris par la FNCA, les ravers de toute la France essaient de s’entendre. « C’est le plus difficile car il y a un clivage chez les ravers entre les anarchistes, ceux qui n’acceptent aucune règle et les autres, ceux qui s’organisent déjà depuis des années, explique Fabrice Bach. « A Toulouse, le collectif est celui qui est le plus abouti ».

Au-delà des clivages entre organisateurs, les rédacteurs de la charte du collectif toulousain doivent aussi tenir compte du public. « C’est une des parties de la charte qui est difficile. Comment enseigner au public d’utiliser les poubelles, comment leur faire comprendre qu’il ne faut pas faire n’importe quoi… », commente Pascal. Pour l’instant, la charte toulousaine reste au stade de l’expérimentation. Les ravers souhaitent être bien au point avant de l’officialiser: « Le soir de la fête de la musique, il y a eu une fête à trente bornes de Toulouse avec cinq sons différents. Tout s’est bien passé, la charte a été mise en pratique ». Mais les défenseurs du mouvement des cultures électroniques restent vigilants. « Surtout sur le pouvoir du préfet », commente Fabrice Bach.

Selon le collectif toulousain qui a déjà entamé le dialogue avec la préfecture, la mairie, et la communauté d’agglomération, cet été sera une saison test. Pour les pouvoirs publics mais aussi pour les organisateurs. « Il faut qu’on montre qu’on est capable de s’autogérer sans problème, de façon à pouvoir dialoguer à la rentrée », pense Pascal. La saison des teknivals est comme une mise à l’épreuve.

Agnès TREMOULET

 

Source : La Dépêche du Midi

 

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